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L’émerveillement


Pour rejoindre le travail de notre F ø J-L, je commencerai par ce mot tout simple et pourtant si complexe :


Pourquoi ? Pourquoi choisir ce sujet ? , pourquoi s’émerveille t- on ? (pour quoi et pourquoi) pourquoi est-il important pour moi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi …

 

Suivi de l’autre mot toujours aussi simple et complexe : Comment ? Comment arrive cet émerveillement ? , comment se traduit-il ? Comment se vit-il ? Comment se cultive t-il ? Comment, comment, comment …

 

Dernièrement, j’ai entendu à la radio une émission parlant de la méthode Coué. On y faisait état des dernières recherches sur le cerveau et les scientifiques réhabilitaient ce pharmacien né en 1857 et mort en 1926.

Il était prouvé que l’auto conditionnement positif du cerveau provoquait effectivement des transformations dans le cerveau et dans le corps, et que; malheureusement, les pensées négatives agissaient de même sur l’homme.

 

Intuitivement; tout le monde en était persuadé, sensible à la notion de « mal à dit ».

On sait aussi qu’en maçonnerie, nos travaux, nos paroles et nos actes prennent une densité plus forte en loge et j’avais besoin d’avancer vers cette lumière, non qu’il faille se cacher des difficultés, mais mon côté optimiste de la vie réclamait cette ouverture.


Petit florilège d’Emile Coué.


" Il vaut mieux ne pas savoir d’où vient le mal et le faire passer que de le savoir et de le conserver."


"Chacune de nos pensées, bonne ou mauvaise, se concrétise, se matérialise, devient en un mot une réalité dans le domaine de la possibilité."

 

Ainsi pour lutter contre les esprits chagrins comme dirait notre SøC. , contre les adeptes des prévisions pessimistes en révolte et autres Nostradamus enténébrés, il me parait important d’apporter ma petite pierre avec cette notion d’émerveillement.

 

Dans une de mes interventions en loge, l’année passée, je vous avais parlé de cet instant de grâce et de féérie que j’avais vécu lors d’une de mes promenades.

Dans un petit chemin ombragé, je me suis trouvée entourée de petits insectes, mi papillons, mi sauterelles mi coccinelles mi abeille, je sais ça fait beaucoup de mi !!! Mais c’est tout à fait ce que j’ai vécu, quelque chose d’impossible, d’inconnu, de merveilleux et d’inexplicable.

 

Ces petits insectes noir et jaune , voletaient tout autour de moi, leur couleur si intense, celle du jaune citron en particulier, faisait vibrer l’ombre du chemin, comme autant de tâches de soleil puis, 10 mètres plus loin, cet enchantement disparaissait, éclosion fugitive et éphémère.

Impression d’être dans une bulle de savon irisée de soleil, filtre de la vision, instant de légèreté, avant l’éclatement final.

 

Cet enchantement simple surgit à tout moment, pour peu que notre esprit se laisse guider, se laisse entraîner sur des chemins buissonniers.

Pour moi, c’est comme une fenêtre s’ouvrant sur un autre monde. Un petit effort et la fenêtre se mue en porte ; le passage n’est pas spécialement étroit et la porte n’est pas automatiquement basse, elle est ou elle n’est pas.

 

Actuellement j’écris sur mon ordinateur, et mes frappes sont rythmées par le chant d’un grillon, égaré quelque part dans cette pièce. Voilà encore un simple ravissement, que cette musique incongrue et inattendue me provoque.


L’émerveillement, certains l’éprouve devant un coucher de soleil, un paysage, une fleur, un animal, un être, plus généralement devant une manifestation de la nature ;

d’autres devant une peinture, un poème, un morceau de musique, un bâtiment, devant une création de l’homme.

D’autres, enfin, face à une idée, un sentiment, une perception invisible, un raisonnement qui d’abscond devient d’une limpidité éblouissante.

 

Je ne pense pas qu’il y ait de gradation dans l’émerveillement, qu’il y ait de petits et de sublimes émerveillements, pour moi ils sont ce que l’on est capable de vivre, au moment où on les vit, ils sont cet instant d’éternité où l’âme et le corps se parlent de mots inaudibles, s’étonnant de cette rencontre improbable, où l’effleurement provoque un tsunami, digne du battement de l’aile du papillon.

 

A chacun de ces émerveillements , j’ai l’impression que mon esprit se nourrit de beauté , de bonté, de paix, de bonheur , que mon corps et mon cœur s’ouvrent pour laisser passer une vague de bien être, de chaleur, de douceur, un pur ravissement ! Une communion avec ce qui m’entoure, me dépasse, une perception exacerbée des sens, de tous les sens, des plus communs aux plus subtiles.

 

Le bondissement plein de grâce du chevreuil, sur le chemin juste devant moi , son arrêt , notre échange de regard, puis sa fuite, ... la beauté du visage lisse d’ un enfant offert à tous les possibles, ... la fascination de celui d’un vieillard, parcouru par les fleuves du temps .

 

La magie sonore d’une crypte et celle, feutrée, de l’église noyée des éclats lumineux de sa rosace ensoleillée. Tous ces instants, ces petits riens, sont des nourritures de l’âme, mais il me semble indispensable d’être partie prenante dans notre marché, d’être disponible, d’éduquer notre palais des sensibilités en ouvrant l’éventail de nos sensations.

 

L’émerveillement est un cadeau, que l’on reçoit le cœur palpitant, l’âme étonnée, le corps fébrile. C’est un cadeau qui n’est grand que dans le partage. C’est un double cadeau, cadeau que l’on reçoit et cadeau que l’on donne C’est un cadeau qui nous est offert pour être transmis dans une longue chaîne d’émerveillés

 

L’émerveillement ne se commande pas, mais il ne peut se produire que si on lui offre la possibilité de s’épanouir. Accepter l’émerveillement c’est accepter l’étonnement, c’est accepter de se perdre pour mieux se retrouver, c’est avancer vers l’inconnu, avec la confiance du nourrisson et le discernement du sage.  

 

Il n’est pas une récompense, il est une étincelle de Vie, une "en Vie" de chercher au-delà du miroir, une raison de continuer un chemin ésotérique.

L’émerveillement est une voie vers l’acquisition de connaissances intuitives. Et aussi, comme le dit très bien Christian Bobin :

 

  « L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent »

 

Tous nos rituels ont des potentiels d’émerveillement, que l’on a tous pu vivre soit pendant les différentes initiations et passage de grades soit tout simplement durant les Tenues. Coup d’œil à travers le judas, ils nous font entrevoir, « entresentir » , « entretoucher » un monde si lointain et pourtant si proche, qu’un frémissement de l’être, à jamais, rend possible.

 

Mes SSøø mes FFøøj’aimerai souhaiter à chacun d’entre vous pour cette année maçonnique la réalisation d’un émerveillement qui vous aide à vous surpasser et à vous réaliser. Pour terminer je vous soumets une phrase écrite sur un banc sculpture de la place Santa Maria Novella à Florence  

 

«  il tempio deve intrattenere piacevolmente l’animo e riempirlo di gioiosa meraviglia »  

 

"le temple doit entretenir l'âme agréablement et le remplir d’émerveillement"

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R.·. L.·. OUDJAT (GLSH)

Or.·.de     : F - 26700 Pierrelatte
Fondée en  : 2000
Temple       :

18, rue Paul Sabatier 
(C.P.C.A.V.) 

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Les FF SS visiteurs souhaitant participer aux agapes sont invités à réserver 48h à l'avance thiebautchantal@orange.fr
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